L'Eglise Saint Jacques à Tignes

Publié le par Valérie JEANNOT

Jeudi 19 juillet à 10 heures, visite de l'église Saint-Jacques des Boisses, hameau de Tignes


Il s'agit de la reconstruction  à l'identique de l'église de Tignes engloutie sous les eaux du barrage. Une date y est gravée : 1726, c'est celle de l'agrandissement de l'église romane transformée dans le style baroque au XVIIe.

Le clocher présente des arcatures lombardes et a été réhaussé au XVIIe siècle.
 

Les cloches de l'église d'origine ont été fondues en 1952 et refaites. Le bois utilisé en extérieur est du mélèze.

On trouve dans l'édifice et autour des pierres à cupules, c'est-à-dire creusées de trous par les bergers. Le cimetierre de Tignes a lui aussi été déplacé.

 

L'intérieur est baroque.
Un chemin de croix en ciment coloré a été réalisé par l'architecte du nouvel édifice en 1954. Les vitraux sont récents et évoquent les anciennes chapelles. Il n'y a pas de vitraux dans les églises baroques.

Les murs sont de ciment, alors que l'ancienne église était en pierre enduite de blanc avec des peintures. La structure est romane avec des bas côtés, alors que les églises baroques comportent trois nefs. Le mur derrière l'autel est plat pour le décor baroque. Il reçoit un retable (retro tabula) du début du XVIIIe.



 Dieu, au deuxième niveau, tient le globe. Le firgurer peut être un acte d'opposition délibérée au dogme réformé car Dieu est irreprésentable pour les protestants.

L'autel a été déplacé pour correspondre aux prescriptions de Vatican II. Le retable évoque les triptyques gothiques. A sa base se trouve le tabernacle, il a été reconstitué au XIXe siècle.


L'ensemble est marqué par le mouvement et la couleur, traits baroques, comme les colonnes torses ornées de fleurs d'églantier, influencées par le baldaquin de Saint Pierre de Rome. A l'origine le décor était à la feuille d'or, ici, il s'agit de peinture dorée. Les habitants de Tignes avaient donc les moyens et la volonté de décorer si richement leur église. Les paysans avaient de bons revenus. Nombre d'entre eux émigraient l'hiver, souvent à Turin, sous la domination des ducs de Savoie, princes de Turin et roi de Sardaigne jusqu'en 1860. Plus tard ils se rendaient à Paris. 75 % des hommes étaient absents l'hiver.

Le devant de l'autel est orné d'un cuir qui représente en son centre Saint Jacques d'Assyrie et l'apôtre Saint Jacques de Compostelle, patron de l'église.

 

Bas côté gauche, le retable de Saint Joseph présentant en son centre Saint Antoine de Padoue et la sainte famille.

Bas côté droit, le retable du rosaire : la vierge à l'enfant donne un chapelet à Saint Dominique et Sainte Catherine de Sienne.

Les dominicains ont développé au XIIIe siècle le culte de la vierge. A gauche du tableau, une statue rajoutée de Saint Laurent.

La chaire est décorée des quatre évangélistes et de Jésus.

La tribune baroque, réservée aux chantres, présente un vitrail où se dessine une colombe, qui fait face à Dieu et au corps du Christ (tabernacle) rappelant la trinité.

 

En 1950, une centaine de familles vivaient à Tignes.

Au mur un treizin (13 cloches) qui sonne pendant l'eucharistie. Entre le choeur et la nef, la poutre de gloire.

 A l'entrée du bas côté droit, un retable avec un tableau sur lequel Marie présente Jésus à Sainte Anne. (XIXe)

Statues : Saint Antoine avec son bâton en T et un cochon. On l'invoquait pour préserver les mulets.

Une statue de Saint Guérin, dont le symbole est la vache, pour préserver les troupeaux.

 

A l'entrée bas côté droit, Saint Sébastien percé de flèches, symboles de la peste ; saint Laurent avec son grill, patron des pauvres ; saint Roc avec un bubon et saint François de Sales.

C'est EDF, la commune et l'Etat qui ont financé la reconstruction de l'église.

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Publié dans valjeannot

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O
Merveilleux souvenirs de vacances
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